Commune de Vérossaz

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contes et légendes

Au début du XXe siècle, les conteurs ont beaucoup parlé des légendes d'antan qui se retrouvent avec beaucoup de similitude dans plusieurs régions du Valais. Si, avant de vous endormir, vous lisez celles que J.-B. Bertrand, pharmacien, a consignées en 1933, dans le numéro 25 des cahiers valaisans du folklore, vous aurez, à coup sûr, un sommeil agité.
Le charivari est une coutume qui voulait que lorsqu'une veuve ou un veuf se remariait, il ou elle régalât la jeunesse avec du vin, du pain ou du fromage. Les élus du jour tentaient-ils de se soustraire à cette obligation, ils avaient à accepter pendant plusieurs nuits de suite, sous leurs fenêtres, un tintamarre harmonisé par des sonnettes de vaches, des casseroles, de vieilles boîtes de tôles et de caisses à macaronis etc... Cette pratique est aujourd'hui, bien sûr, périmée.
La sénégougue ou synagogue se réduit le plus souvent à un cortège nocturne invisible mais d'autant plus bruyant et propre à terroriser les malheureux qui en étaient témoins. C'étaient une cacophonie où se mélangeaient sifflets, clochettes, miaulements, aboiements et hurlements. Les participants qui devaient être des défunts, chantaient un refrain macabre dont les mêmes mots revenaient constamment : tua, copa, tzapla, borla, (tué, coupé, haché, brûlé). Qui entendait la senégougue devait attendre sur place la fin du concert discordant et lugubre ou, s'il le pensait, faire un signe de croix pour être libéré et donner fin à la manifestation.
Le folaton était un esprit espiègle qui hantait les alpages et les chalets où il se permettait des tours de polisson. Il n'était pas rare que le berger trouvât deux vaches attachées dans le même licol, des mottes de beurre piquées de pétoles de chèvre, qu'il vît la casserole de polenta se renverser. On dit même que pendant le sommeil d'un gardien d'alpage, le folaton vint régulièrement lui sucer le sein qui s'allongea comme un téton de chèvre.
Le remède était de se laisser agacer sans rouspéter et d'utiliser la formule rituelle : "que celui qui l'a fait le défasse.".